Lundi 15 février 2010
1
15
/02
/Fév
/2010
16:38
Ne
vous semble-t-il pas qu'une main comme un visage ou simplement un regard révèle l'âme de quelqu'un?
J'ai trouvé il y a quelque temps ce moulage de la main gauche de Chopin
dans un magazine. Je trouve qu'elle révèle de façon fabuleuse tout ce qui me plaît dans sa musique, sa beauté sans mièvreie, son élégance, sa fragilité certes mais aussi une énergie étonnante. Ce
n'est pas la main d'un oisif, c'est une main qui a beaucoup "servi". C'est une main qui me parle.
J'ai aussi retrouvé sur internet la citation de Proust à la quelel je pensais l'autre jour. Je ne suis pas sûre qu'elle soit complète mais je n'ai pas les oeuvres de Proust chez moi et j'avoue
que je n'ai pas le courage d'aller relire "Du côté de chez Swan" maintenant.
La voici:
«Elle avait appris dans sa jeunesse à
caresser les phrases, au long col sinueux et démesuré, de Chopin, si libres, si flexibles, si tactiles, qui commencent par chercher et essayer
leur place en dehors et bien loin de la direction de leur départ, bien loin du point où on avait pu espérer qu'atteindrait leur attouchement, et qui ne se jouent dans cet écart de fantaisie que
pour revenir plus délibérément — d'un retour plus prémédité, avec plus de précision, comme sur un cristal qui résonnerait jusqu'à faire crier — vous
frapper au cœur.»
.............Elle me plaît moins que jadis cette phrase...........J'en garde ce que j'ai souligné! Il y manque la révolte, le déchaînement de certains passages......
Quele fichue romantique j'ai été, je reste et ...........je resterai, enfin j'espère!
0
-
Publié dans : souvenirs
Vendredi 5 février 2010
5
05
/02
/Fév
/2010
18:05
Oui, c'est bien lui, photo Studio Harcourt..........tel qu'en lui-même.
L'air chagrin mais ce qui sortait du piano sous ses mains c'était un feu d'artifice. Il était là perdu dans la musique, je crois que ses yeux ne nous ont jamais effleurés (que c'est
romantique!!)
Il faudra que je retrouve une phrase que Proust a écrite sur Chopin et qui le décrit très bien!
Quand je suis rentrée après le concert, j'ai dit à mon père mon émerveillement............et je me suis fait regarder d'un drôle d'air. Aimer Chopin, mais c'est inavouable, c'était un
"romantique", un voyou, un mauvais garçon. Mozart et Beethoven, même Schubert ou Schumann mais Chopin et sa vie de patachon, quelle horreur!
J'avoue que ça ne m'a pas fait changer d'avis mais je me le suis gardé pour moi et je n'en ai plus parlé ouvertement. Je me suis par contre gavée de sa musique. J'ai tout écouté, je reconnaissais
tous les morceaux sans avoir, hélas, la moindre connaissance musicale.
A cette époque, on sortait à peine de la guerre et tout était à redécouvrir, à réorganiser. L'extraordinaire, c'est qu'on croyait tout possible. La guerre était finie, à nous le monde entier, le
bonheur, l'argent, le métier qui rapporte..........................................
Un de mes oncles habitait Paris et travaillait au Ministère de l'Intérieur. Il aimait la musique et connaissait des gens qui étaient en train de fonder les Jeunesses Musicales de France.
Il a réussi à implanter cette organisation à Alençon, dans l'Orne.........France profonde!
C'est ainsi que pendant 3 ans environ j'ai pu faire connaissance avec la musique classique. Un conférencier présentait le Concert . C'était très bien conçu et nous avons eu le plaisir d'entendre de
très grands interpètes dans la petite Salle des Fêtes, de façon très intimiste donc.
J'ai ainsi vu diriger Georges Prêtre tout jeune chef, j'ai entendu le flûtiste Jean-Pierre Rampal. J'ai aussi un souvenir un peu particulier du Concert avec Maurice Gendron, le
violoncelliste ............J'en ai encore honte.
Nous étions, ma "copine" et moi au milieu premier rang et nous avons pris un fou-rire comme on n'en a pas souvent et plus nous esssayions de nous calmer, pire c'était et ............Il
nous lançait des regards furieux.............Nous n'avions plus qu'une hâte: que le concert finisse...........Pauvre Maurice Gendron à qui nous avons gâché une soirée. Et pourquoi avons nous ri???
Le chapeau d'une "dame" peut-être, un bout de jupon qui dépasse, un rien .
2
-
Publié dans : souvenirs